À l’occasion du Mois de l’histoire des femmes, nous rendons hommage à celles qui occupent des postes de direction dans leurs domaines respectifs et redéfinissent ce qu’est le leadership. Le thème de cette année, « À la tête du changement : les femmes qui façonnent un avenir durable », correspond au parcours d'Andrea Labelle, coordinatrice environnementale II à l'usine de Temiscaming. Cette dirigeante se distingue par sa résilience, son évolution et sa force de caractère.
Au début de sa carrière, Andrea a intégré un milieu industriel exigeant, dans lequel l'endurance physique était souvent synonyme de crédibilité. Comme beaucoup de femmes évoluant dans des milieux à prédominance masculine, elle ressentait la pression de devoir faire ses preuves. Elle a tenu le rythme. Elle a relevé les défis physiques. Elle a gagné le respect de ses pairs. Mais cela a eu un prix.
Avec le temps, Andrea a compris que la force ne se mesurait pas à ce que l'on était capable de porter. C'est prendre conscience de sa valeur, au-delà de ce que l'on produit. C'est ce qui garantit la pérennité. On sait que la résilience est une qualité stable et durable qui ne repose pas sur le sacrifice de soi.
Cette vision a été façonnée par les femmes qui l'ont précédée, des femmes ayant surmonté des épreuves et fait avancer leur famille avec détermination et courage. C'est d'elles qu'Andrea a appris que la résilience ne signifiait pas pour autant se perdre en chemin.
Quelques années plus tard, alors qu'elle se consacrait à sa famille, son poste a été supprimé de manière inattendue. L’identité professionnelle qu’elle s’était forgée s’est alors ébranlée. Spécialiste de l’environnement et mère, elle s’est alors sentie perdue.
Elle s'est donc reconstruite.
Elle travaillait dans le secteur des services. Elle subvenait aux besoins de sa famille. Elle avançait toujours.
Elle pensait souvent à sa mère, qui cumulait plusieurs emplois pour assurer la stabilité de la famille, et à son Baba, qui avait immigré et s'était construit une vie à partir de presque rien. Leur exemple lui a confirmé une vérité immuable : les titres peuvent changer, mais la résilience, elle, perdure.
Cette période a redéfini sa conception de la réussite. Ce n'est plus tant une question de statut social, mais plutôt de capacité d'adaptation, d'intégrité et de volonté de se surpasser.
Andrea se décrivait autrefois comme timide ; sa voix tremblait lorsqu'elle parlait. Aujourd'hui, elle s'exprime avec clarté et assurance.
Chaque étape – s'adapter aux environnements industriels, reconstruire après une crise et assumer un rôle de pionnière en matière d'environnement à Témiscaming – a renforcé sa détermination. Elle a compris que la véritable force résidait dans la conscience de soi alliée à la résilience. C'est le courage de s'exprimer, de défendre les autres et de diriger avec empathie.
En tant que coordinatrice environnementale II, elle contribue à un avenir plus durable pour son site et sa communauté. Son leadership ne se limite pas à la simple conformité aux réglementations et aux politiques. Il se manifeste notamment à travers son rôle de mentor et sa conviction que le leadership durable implique également de prendre soin de soi.
Elle s'appuie sur l'héritage de femmes fortes. Aujourd'hui, elle perpétue cette force en toute conscience.
Andrea espère que la prochaine génération de femmes ne se sentira pas obligée de prouver sa force par le sacrifice, mais qu'elle le fera plutôt grâce à ses compétences, à son engagement durable et à un leadership assuré.
En effet, pour bâtir un avenir durable, il faut d'abord prendre conscience de ses forces et les mettre au service des autres.


